VERS... LE CHEMIN VERT (II)
C’était pourtant bien parti. Dans le cadre du second temps de l’opération Rénovation Urbaine, dans le quartier du Chemin Vert, s’était créée l’association La Fourmilière.

Il s’agissait d'une sorte de société coopérative avec pour objectif de « placer les habitants au coeur de la transformation de leur cadre de vie ».
Et, pendant un temps, les habitants y ont cru. Cinq ans plus tard l’euphorie est retombée et a laissé la place à la déception. Et aussi à l’incompréhension.
C’est ce qui ressort de l’ambiance désabusée ressentie quand on retrouve, au coeur d’immeubles en voie de destruction, les « survivants » de l’opération Fourmilière.
Les critiques partent dans tous les sens, avec pour cibles principales la mairie et la société Habitat du Littoral-Urbaviléo. Il faut dire que le cadre dans lequel l’association reçoit ses visiteurs n’a rien, lui non plus, d’enthousiasmant. Il est situé au rez-de-chaussée d’une petite tour entourée d’immeubles désertés de leurs habitants pour cause de démolition en cours ou prochaine. On aurait le blues à moins

A tout moment de la rencontre il est question de l’ANRU, l’agence nationale pour la rénovation urbaine.
L’ANRU 1 et l’ANRU 2. Le numéro 1, c’était pour le quartier de Transition et on en parle (presque) au passé. L’ANRU 2, c’était pour le quartier Triennal, et on en parle encore au présent tout en doutant de son avenir.
Le petit groupe réuni autour de l’ancien président du Conseil citoyen, un résident du Chemin Vert de longue date, dit s’exprimer au nom des habitants qui restent au milieu des immeubles en ruine. Les griefs sont nombreux, sans précautions oratoires. Il y est même question, sans preuves, de financements qui auraient servi à autre chose que prévu. Plus prosaïquement, c’est le cadre de vie des autochtones qui revient le plus souvent, comme des problèmes d’humidité dans les appartements.
Il y a aussi des anecdotes plus rigolotes. Comme cette légende selon laquelle dans un immeuble destiné à la formation professionnelle on ne pourrait pas mettre plus de 19 personnes dans une même salle pour des raisons de résistance du plancher.
Mais ce qui semble le plus désarmer les membres de la petite assemblée c’est de se sentir délaissés, de ne rien savoir officiellement sur ce qui se passe ou ce qui va se passer. Et de devoir se contenter de rumeurs, comme celle selon laquelle Habitat du Littoral aurait vendu le grand immeuble de la rue Percier et Fontaine à un promoteur privé. Et que ce promoteur construirait à la place des maisons individuelles, lesquelles auraient déjà trouvé preneurs au prix de 200.000 euros l’unité.
Et puis cette crainte maintes fois réitérée, à savoir que si les travaux n’avancent plus ce serait parce qu’il n’y aurait plus d’argent.
Et enfin, une autre préoccupation, moins dicible mais plus lancinante: la disparition de ce qui faisait l’âme du quartier.
Tout cela mérite d'être éclairci.
(à suivre)